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Management

Qu’en est-il de la non-décision ?

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publié le 9 janvier 2014 (modifié le 23 janvier 2014)

Selon le postulat de James March [1], les membres d’une organisation prennent des décisions parfois susceptibles de créer des dysfonctionnements et autres difficultés..

Suivant ce principe, mieux vaut donc ne pas avoir à décider. Il s’agit alors de déléguer la prise de décision à une personne ou à un groupe, par exemple par un vote.

Autre stratégie possible : le désengagement, la voie « Exit » de Albert O. Hirschman [2]. Le jeu consiste alors à fuir toute responsabilité au sein de l’organisation. A noter que le « refus de la décision » n’est pas toujours un choix.

«  La prise de décision difficile implique trois grands mécanismes de l’émotion : la fuite, l’attaque ou l’immobilisation. On peut donc se retrouver parfois paralysé face à une décision complexe et rapide à prendre  » (Alain Berthoz) [3].

  • Avantages de la non-décision
    • L’avantage principal de la méthode est d’être en cohérence avec la volonté de celui qui « choisit de ne pas décider ». La tactique permet alors d’éviter de prendre des risques, de limiter ses responsabilités ;
    • Sur des décisions négatives et lourdes de conséquences, la méthode peut permettre de protéger son image de marque.
  • Inconvénients
    • La méthode est une fuite en avant. « La décision n’a pas d’inverse, on ne peut pas y échapper", rappelle Bruno Jarrosson [4]. "Ne pas décider, cela revient à décider ».
    • D’après les recherches du professeur Henri Laborit [5], lorsque le sujet est incapable de choisir entre la fuite ou le combat, il se produit un phénomène d’inhibition qui peut conduire à des réactions comme le suicide.

Voir aussi cet article sur le site de L’Express avec l’Entreprise

[1James Gardner March (professeur émérite à Stanford) est un des pionniers de la théorie des organisations, dont l’objet est de comprendre comment une organisation évolue, s’adapte à son environnement et modifie celui-ci, en se penchant notamment sur la manière dont sont prises et mises en œuvre les décisions.

[2Albert Otto Hirschman (1915- 2012) était un économiste américain . Ses recherches pluridisciplinaires rendent difficile sa classification dans une des disciplines auxquelles il a contribué telles que l’économie, les sciences politiques ou la sociologie.

[3Alain Berthoz, est un ingénieur et neurophysiologiste français, membre de l’Académie des sciences (depuis 2003) et professeur honoraire au Collège de France (chaire de physiologie de la perception et de l’action).

[4Ingénieur Supélec de formation, Bruno Jarrosson exerce auprès de nombreuses structures une fonction de consultant en stratégie (directeur-associé chez DMJ-Consultants)

[5Henri Laborit (1914-1995) . Médecin chirurgien et neurobiologiste, il introduisit l’utilisation des neuroleptiques en 1951. Il était également éthologue (spécialiste du comportement animal), « eutonologue », selon sa propre définition (spécialiste du comportement humain) et philosophe.